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Galerie Frédéric Roulette

Né à Dire Dawa, en Éthiopie, en 1951, et disparu à Paris en 2020, Mickaël Bethe-Selassié a construit une œuvre immédiatement reconnaissable, peuplée de figures, d’animaux, de cavaliers, de totems et de personnages aux couleurs éclatantes.

Installé en France à l’âge de vingt ans, il se tourne vers la sculpture quelques années plus tard. Très vite, son travail devient un espace de rencontre entre ses racines éthiopiennes, les cultures africaines qui l’entourent et les influences rencontrées en Europe.

Son univers est profondément nourri par la mémoire, les croyances, les traditions et les récits collectifs. Chez lui, la figure humaine apparaît rarement seule : elle appartient à une famille, à une lignée, à un groupe, à une histoire. Les personnages se répondent, se superposent, habitent des architectures imaginaires ou prennent place dans des compositions qui évoquent parfois le village, le rite, le voyage ou la transmission.

Mickaël Bethe-Selassié travaillait principalement le papier mâché, construit autour d’armatures de rotin et de métal. À partir de matériaux simples, il faisait surgir des œuvres monumentales, généreuses et pleines de mouvement.

La couleur y tient une place essentielle. Rouges profonds, bleus lumineux, ocres et terres chaudes donnent à ses sculptures une présence presque cérémonielle. Ses œuvres semblent à la fois anciennes et contemporaines, familières et mystérieuses.

Son travail raconte aussi le déplacement et la rencontre des cultures. L’Afrique y demeure toujours présente, non comme un décor, mais comme un point d’ancrage. À partir de là, l’artiste voyage librement entre mythes, traditions, religions, scènes populaires et imaginaires venus d’ailleurs.

Cette liberté donne à son œuvre une force particulière : celle d’un artiste profondément attaché à ses racines, mais jamais enfermé dans une seule identité.